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    📉 Marché des ventes de fonds de commerce en restauration : vers une nouvelle réalité des prix ?

    • Alexandre Resto&Co
    • il y a 2 minutes
    • 5 min de lecture

    Introduction


    Depuis plusieurs années, le marché des ventes de fonds de commerce en restauration connaît une transformation profonde. Longtemps porté par une forte demande d’entrepreneurs et par des conditions de financement relativement favorables, le secteur a connu un réajustement significatif des valorisations.


    Inflation, hausse des taux d’intérêt, prudence accrue des banques et évolution des modèles de restauration ont profondément modifié les règles du jeu. Aujourd’hui, les fonds de commerce de restaurant ne se valorisent plus comme il y a dix ans.


    Pour les restaurateurs souhaitant vendre leur établissement, comme pour les repreneurs en recherche d’opportunités, comprendre l’état réel du marché des transactions de fonds de commerce est devenu essentiel.


    Dans cet article, nous analysons les tendances actuelles du marché de la restauration en France, les niveaux de valorisation observés et les conditions nécessaires pour réussir une cession aujourd’hui.


    📊 Un marché des fonds de commerce en restauration en net réajustement


    Pendant longtemps, le marché des cessions de restaurants a reposé sur une logique simple : un bon établissement se vendait souvent autour de 100 % du chiffre d’affaires.

    Cette référence concernait notamment :

    • les brasseries

    • les bars avec licence IV

    • les établissements bénéficiant d’un emplacement très premium


    Dans certains cas, les valorisations pouvaient même atteindre 110 % à 120 % du chiffre d’affaires annuel.

    Cette époque est aujourd’hui largement révolue.


    Plusieurs facteurs expliquent ce changement :

    • hausse du coût de l’énergie

    • inflation sur les matières premières

    • tensions sur le recrutement

    • augmentation des taux bancaires

    • prudence accrue des acquéreurs


    Le marché a donc opéré un réalignement plus proche de la rentabilité réelle des établissements.


    Aujourd’hui, la valorisation d’un fonds de commerce dépend beaucoup plus de ses caractéristiques opérationnelles concrètes.


    💰 Les niveaux de valorisation actuels observés sur le marché


    Dans la pratique, on observe aujourd’hui trois grandes catégories de valorisation sur le marché de la restauration.


    🍽️ Restaurants standards sans éléments différenciants

    Les établissements qui ne disposent pas de certains atouts majeurs sont aujourd’hui les plus touchés par la baisse des valorisations.


    Il s’agit notamment des restaurants :

    • sans extraction

    • sans terrasse

    • sans licence IV

    • avec un emplacement secondaire

    • avec un bail commercial peu favorable


    Dans ces cas de figure, le marché se situe aujourd’hui généralement autour de :

    ➡️ 50 % du chiffre d’affaires annuel


    Cette valorisation correspond à une logique économique simple : l’acheteur doit pouvoir retrouver rapidement sa capacité d’investissement tout en absorbant les risques du secteur.


    🍷 Restaurants bien positionnés avec extraction, terrasse ou licence


    À l’inverse, certains établissements conservent une attractivité forte sur le marché.

    C’est notamment le cas des restaurants disposant de :

    • extraction aux normes

    • terrasse exploitable

    • licence III ou licence IV

    • emplacement passant

    • bonne rentabilité prouvée


    Dans ces situations, les valorisations restent solides.

    On observe généralement des transactions entre :

    ➡️ 60 % et 80 % du chiffre d’affaires annuel


    Ces établissements restent recherchés car ils offrent un potentiel d’exploitation immédiat et sécurisé.


    🍺 La fin des valorisations à 100 % du chiffre d’affaires


    Il y a encore quelques années, certains types d’établissements pouvaient se vendre très cher :

    • brasseries parisiennes

    • bars licence IV

    • établissements situés dans des zones touristiques majeures


    Les prix pouvaient atteindre 100 % à 120 % du chiffre d’affaires.

    Aujourd’hui, ces niveaux sont devenus exceptionnels.


    La raison est simple : le financement bancaire ne suit plus ces niveaux de valorisation.


    🏦 Le rôle déterminant des banques dans la baisse des prix


    Le marché des fonds de commerce est fortement dépendant du financement bancaire.

    Or, depuis la hausse des taux d’intérêt engagée en Europe à partir de 2022, les banques ont profondément changé leur approche.


    Aujourd’hui, plusieurs tendances se confirment :

    • les banques analysent beaucoup plus la rentabilité réelle

    • elles financent rarement un projet au-dessus du chiffre d’affaires

    • elles demandent souvent un apport personnel plus important

    • les dossiers doivent présenter une structure financière solide


    Concrètement, cela signifie qu’un restaurant surévalué devient quasiment impossible à vendre.

    Même si un acheteur est intéressé, la banque refusera souvent de financer l’opération si le prix demandé dépasse la valeur économique raisonnable de l’établissement.


    Le marché s’est donc ajusté mécaniquement :les prix affichés se rapprochent progressivement des prix réellement finançables.


    ⚖️ Des acheteurs plus prudents mais plus professionnels


    Autre évolution notable du marché : le profil des acquéreurs a changé.


    On observe aujourd’hui :

    • des acheteurs mieux informés

    • des analyses financières plus poussées

    • une attention forte portée au bail commercial

    • une étude détaillée des charges et de la masse salariale


    Le repreneur moyen cherche désormais :

    • une rentabilité claire

    • un risque maîtrisé

    • un potentiel de développement


    Cela explique pourquoi certains établissements restent longtemps sur le marché : le prix demandé ne correspond plus à la réalité économique du secteur.


    📈 Un marché qui se stabilise progressivement


    Malgré cette phase de correction, il est important de rappeler que le marché de la restauration reste dynamique en France.


    Plusieurs signaux sont encourageants :

    • les acheteurs restent nombreux

    • l’entrepreneuriat en restauration continue d’attirer

    • les banques recommencent progressivement à financer certains projets

    • les établissements bien positionnés se vendent toujours


    La différence majeure aujourd’hui est que le marché est devenu plus rationnel et plus structuré.


    Les fonds de commerce se vendent toujours, mais à condition que :

    • le prix soit cohérent

    • le dossier financier soit solide

    • l’établissement présente un potentiel réel


    🎯 Conclusion : un marché plus exigeant mais toujours actif


    Le marché des ventes de fonds de commerce en restauration traverse une période de rééquilibrage.

    Les valorisations excessives observées il y a quelques années ont laissé place à une approche plus réaliste et plus économique.


    Aujourd’hui :

    • un restaurant standard se vend souvent autour de 50 % du chiffre d’affaires

    • un établissement bien positionné peut atteindre 60 % à 80 % du chiffre d’affaires

    • les valorisations à 100 % du chiffre d’affaires sont devenues rares

    Cependant, ce contexte ne doit pas être perçu comme une crise durable.


    Au contraire, il marque le retour d’un marché plus sain, où les transactions reposent sur des bases économiques solides.


    Pour les restaurateurs souhaitant vendre, la clé reste la même :

    ➡️ présenter un établissement structuré, rentable et proposé à un prix cohérent avec le marché actuel.


    📚 Bibliographie


    Altares – Étude sur les défaillances d’entreprises en restauration

    BPCE L’Observatoire – Études économiques sur les PME et la restauration

    BPI France – Analyse sectorielle restauration et CHR

    GNI (Groupement National des Indépendants Hôtellerie & Restauration) – Données sectorielles

    CCI France – Transmission et reprise d’entreprise en restauration

    INSEE – Données économiques secteur restauration


     
     

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